Cendres végétales, terre, 2019

Inscriptions résiduelles
 

Inscriptions résiduelles a été réalisé dans le cadre d’un workshop international sous la direction des artistes Davide Napoli et Maia Mancuso au jardin botanique de Palerme associant Les Beaux-arts de Palerme, Les Beaux-arts de Monaco et L’École des Arts de la Sorbonne. Chacun des artistes devait présenter un travail in situ sur le thème de l’humain en relation avec la nature. Dans ce contexte, j’ai choisi de travailler uniquement à partir de matériaux collectés dans le jardin, d’outils fabriqués à partir de plantes et d’objets présents dans la déchetterie du Parc. Au fil de mes expérimentations, j’ai commencé à travailler avec les cendres des végétaux, en les mêlant à de la terre et de l’eau. En donnant forme à ce mélange sur le sol, j’ai écris à partir de ces résidus. Ces inscriptions éphémères ont été effacées par la pluie les jours suivants. Ce travail a généré un texte poétique issu de cette expérience.


Entre deux troncs d’arbre tout un fatras mécanique, des tuyaux rouillés, percés, déversant l’eau absorbée par un tapis bryophyte.
Un chaume de bambou distribue par portions le liquide filtré.
Les fibres s’accrochent, quelques algues chevelues suivent le mouvement
puis le ruissellement se tempère
devient statique

un son creux

Les pierres s’entrechoquent
tendues par des cordes de jute
elles plongent, puis s’élèvent
ferreuses, rougeâtres
La branche ploie, crisse, résiste.
L’eau se trouble

Soupe corpusculaire
de cendre, de terre
et d’algues bleues

Suspendues par des ligaments verticaux
les minerais, goutte à goutte, se marbrent de couleurs sombres
la mixture boueuse se rétracte,
s’assèche, s’empare de sa matrice

un déclic

La forme extrudée se libère
ébauches éparpillées sur le sol
Amoncellement d’artefacts

©Alexia Antuofermo 2014